La gravure sentimentale de Jeanne Moutard à la médiathèque

La gravure sentimentale de Jeanne Moutard à la médiathèque

Photo : Descendante de Louis Maison, Jeanne est comme chez elle à la médiathèque ricetonne.

Les Riceys. Entre le 17 janvier et le 21 février, de superbes gravures – des rues, des paysages, des portraits – seront à admirer entre les rayonnages de la médiathèque. L’occasion de faire plus ample connaissance avec cette talentueuse artiste.
La médiathèque Louis-Maison des Riceys invite le public à découvrir à la fois l’artiste Jeanne Moutard, son univers et cette technique si délicate et complexe qu’est la gravure. La plupart des Ricetons connaissent Jeanne Moutard, issue d’une famille étroitement liée au village. En tant qu’artiste, elle a exposé dernièrement sur la Route du champagne en fête et lors de la rencontre des artisans d’art au château de Ricey-Bas. Plusieurs de ses gravures vont se dévoiler cette fois à la médiathèque pendant plus d’un mois, visibles aux heures d’ouverture. Elles méritent le détour car elles racontent de belles histoires et époustouflent par leur finesse.

Une famille liée aux Riceys

Jeanne est la fille de Jeanine et Jean-Louis Moutard, la petite-fille du ferronnier d’art des Riceys Jean Moutard, et l’arrière-petite-fille de Louis Maison, constructeur, serrurier d’art fondateur des E ts éponymes. Dès le plus jeune âge, Jeanne – comme ses frères d’ailleurs – est initiée au dessin par sa maman, peintre et professeure de dessin, et par son papa, architecte. Très tôt aussi, elle fréquente les cours des Arts décoratifs à Paris où elle vit. « J’ai très vite aimé découvrir autre chose que le dessin. J’ai fait de la gravure lorsque j’étais adolescente avec Jacques Houplain, un très grand graveur français », raconte celle qui a fait des études de lettres et de cinéma, avant d’exercer la profession de monteuse de films dans le cinéma. Passionnée par le septième art, Jeanne Moutard a délaissé un peu le dessin et la gravure pour se consacrer pleinement à son métier. Elle a travaillé sur des longs métrages, des documentaires etc. « J’ai travaillé dix ans dans le Nord, dans une école d’art, Le Fresnoy, où je travaillais avec des artistes sur des films d’art, et avec Alain Fleischer, qui aimait mettre en valeur sa région. J’ai aussi réalisé un documentaire sur Jean Mineur, pionnier de la publicité et du cinéma publicitaire en France ; produit par la région Nord – Pas-de-Calais et que l’on peut voir à la médiathèque Louis-Maison », glisse-t-elle. Jeanne Moutard, qui partage aujourd’hui sa vie entre Les Riceys, berceau familial et village de son époux Christian Jojot, Troyes et Paris, a repris réellement la gravure il y a trois ans, quand elle a découvert l’atelier de gravure des Beaux-Arts de Troyes. Et de confier : « La gravure me plaisait étant jeune car elle avait un côté mystérieux. D’abord parce que l’atelier de gravure était au fond de l’atelier de dessin, et il n’y avait que des adultes. Ensuite, il y a l’ambiance qui est mystérieuse car on était dans l’ombre et personne ne parlait. Il y avait du feu. On utilisait des tampons, de l’encre, une grande presse ; du cuivre, du zinc, etc. » Elle garde toujours pour elle une part de mystère, car « on ne voit pas de suite ce que l’on fait – tout comme lors du montage d’un film d’ailleurs. » Dotée d’une solide technique de dessin même si elle continue de prendre des cours, et s’adonne aussi à la peinture, se délectant des nus en grands formats, Jeanne réalise un croquis sur papier et sur calque. Elle reproduit ensuite son sujet sur une plaque de zinc vernie, à main levée, avec des pointes sèches ; et à l’envers : « une autre part de mystère ». « Je pratique la technique de l’eau-forte. Je plonge la plaque dans de l’acide et là où j’ai dessiné, l’acide mord. J’enlève le vernis. J’encre et là je regarde ce que j’ai fait. Je continue de retravailler ma gravure », explique-t-elle avec une émotion palpable. Un travail minutieux, de longue haleine, qui s’effectue à la lueur d’une petite lampe, dans le silence, en solitaire – autre point commun avec son métier de monteuse.

La technique du fer forgé martelé

Jeanne Moutard a été très influencée également par la technique du fer forgé martelé retrouvée dans un catalogue des E ts Maison. « Je fais des petits points, beaucoup de petits points ». Son inspiration passe par son regard. Elle reproduit des paysages, des rues, des jardins, des animaux ; certains à travers une fenêtre et souvent de nuit, tout à fait en lien avec le noir et blanc de la gravure. « Mes gravures sont finalement très narratives ! » En effet, les visiteurs pourront aisément s’en apercevoir et se laisser emporter par l’ambiance particulière et feutrée, par les sujets minutieusement choisis et l’univers de cette artiste joviale qui dévoile ses sentiments avec ses pointes sèches. Par le biais de l’association Black Cat Film Factory, Jeanne Moutard travaille aussi à une future exposition qui lui tient à cœur sur Louis Maison, ayant racheté nombre d’archives, de productions, d’outils, grilles, etc. Ce vendredi 16 janvier, elle sera présente pour le vernissage dès 18 h à la médiathèque des Riceys.
«La gravure me plaisait étant jeune car elle avait un côté mystérieux»
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